Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/269

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Rousseau.

L’animosité raisonne souvent plus mal encore. Cela se sent à merveilles quand on examine les allures de vos Messieurs ; leurs singuliers raisonnemens qui les décaleraient bien vite aux yeux de quiconque y voudroit regarder & ne pas leur passion.

Toutes ces objections m’étoient présentes quand j’ai commence d’observer notre homme : mais en le voyant familièrement j’ai senti bientôt & je sens mieux chaque jour que les vrais motifs qui le déterminent dans toute sa conduite se trouvent rarement dans son plus grand intérêt & jamais dans les opinions de la multitude. Il les faut chercher plus près de lui si l’on ne veut s’abuser sans cesse.

D’abord comment ne sent-on pas que pour tirer parti de tous ces petits talens dont on parle, il en faudroit un qui lui manque, savoir celui de les faire valoir. Il faudroit intriguer courir à son age de maison en maison, faire sa cour aux Grands aux riches aux femmes aux artistes, à tous ceux dont on le laisseroit approcher ; car on mettroit le même aux gens dont on lui permettroit l’accès qu’en à ceux à qui l’on permet le sien, & parmi lesquels je ne serois pas sans vous.

Il a fait assez d’expériences de la façon dont le traiteroient les musiciens, s’il se mettoit à leur merci pour l’exécution de ses ouvrages, comme il y seroit force pour, en pouvoir tirer parti. J’ajoute que quand même à force de manège il pourroit réussir, il devroit toujours trouver trop chers des succès achètes à ce prix. Pour moi du moins pensant autrement que le