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DE CET ÉCRIT.

disposent de moi en ont eu connoisssance aussi-tôt qu’il a été commencé, & je ne vois dans ma situation aucun moyen possible d’empêcher qu’il ne tombe entre leurs mains tôt ou tard[1]. Ainsi selon le cours naturel des choses, toute la peine que j’ai prise est à pure perte. Je ne sais quel parti le Ciel me suggérera, mais j’espérerai jusqu’à la fin qu’il n’abandonnera point la cause juste. Dans quelques mains qu’il fasse tomber ces feuilles, si parmi ceux qui les liront peut-être il est encore un cœur d’homme, cela me suffit, & je ne mépriserai jamais assez l’espece humaine pour ne trouver dans cette idée aucun sujet de confiance & d’espoir.

  1. On trouvera à la fin de ces Dialogues dans l’histoire malheureuse de cet écrit comment cette prédiction s’est vérifiée.


Mémoires. Tome II.
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