Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/344

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


vous revenez, sont-elles mieux prouvées que les crimes sur lesquels vous n’insistez plus ? Non, Monsieur, après nos discussions précédentes, je ne vois plus de milieu possible entre tout admettre & tout rejetter.

Des témoignages que vous supposez impartiaux, les uns portent sur des faits absurdes & faux, mais rendus croyables à force de prévention ; tels que le viol, la brutalité, la débauche, la cynique impudence, les basses friponneries : les autres sur des faits vrais, mais faussement interprétés ; tels que sa dureté, sou dédain, son humeur colere & repoussante. l’obstination de fermer sa porte aux nouveaux visages, sur-tout aux quidams cajoleurs & pleureux, & aux arrogans mal-appris,

Comme je ne défendrai jamais J. J. accuse d’assassinat & d’empoisonnement, je n’entends pas non plus le justifier d’être un violateur de filles, un monstre de débauche, un petit filou. Si vous pouvez adopter sérieusement de pareilles opinions sur son compte, je ne puis que le plaindre, & vous plaindre aussi, vous qui caressez des idées dont vous rougiriez comme ami de la justice, en y regardant de plus près, & faisant que j’ai fait. Lui débauche, brutal, impudent, cynique auprès du sexe ! Eh j’ai grand’peur que ce ne soit l’excès contraire qui l’a perdu, & que s’il eut été ce que vous dites, il ne fut aujourd’hui bien moins malheureux. Il est bien aise de faire à son arrivée, retirer les filles de la maison ; mais qu’est-ce que cela prouve sinon la maligne disposition des parens envers lui ?

A-t-on l’exemple de quelque fait qui ait rendu nécessaire une précaution si bizarre & si affectée ? & qu’en dut-il penser à son arrive à Paris, lui qui venoit de vivre à Lyon très-familièrement