Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/378

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


aura perdu le reste de sa liberté. Tout le monde assure que l’agriculture fleurit dans cette Isle, & moi je parie qu’elle y dépérit. Londres s’agrandit tous les jours, donc le royaume se dépeuple. Les Anglois veulent être conquérans ; donc ils ne tarderont pas d’être esclaves." Extr. du projet de paix perp.

18. "Je sais que les Anglois vantent beaucoup leur humanité & le bon naturel de leur peuple qu’ils appellent good naturel people. Mais ils ont beau crier cela tant qu’ils peuvent, personne ne le répete après eux." Emile L. 2.

Vous auriez trop à faire s’il faloit achever, & vous voyez que cela n’est pas nécessaire. Je savois que tous les états étoient maltraites dans les écrits de J. J. mais les voyant tous s’intéresser néanmoins si tendrement pour lui, j’étois fort éloigne de comprendre à quel point son crime envers chacun d’eux étoit irrémissible. Je l’ai compris durant ma lecture, & seulement en lisant ces articles vous devez sentir comme moi qu’un homme isole & sans appui, qui dans le siecle ou nous sommes ose ainsi parler de la médecine & des médecins ne peut manquer d’être un empoisonneur ; que celui qui traite ainsi la philosophie moderne ne peut être qu’un abominable impie ; que celui qui paroît estimer si peu les femmes galantes & les maîtresses des Princes ne peut être qu’un monstre de débauche ; que celui qui ne croit pas à l’infaillibilité des livres à la mode doit voir brûler les siens par la main du bourreau ; que celui qui, rebelle aux nouveaux oracles ose continuer de croire en Dieu doit être brûle lui-même à l’inquisition philosophique comme un hypocrite & scélérat ; que celui qui