Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/380

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“Un défaut essentiel & inévitable qui mettra toujours le Gouvernement monarchique au-dessous du républicain, est que dans celui-ci la voix publique n’élevé presque jamais aux premieres places que des hommes éclaires & capables qui les remplissent avec honneur. Au lieu que ceux qui parviennent dans les monarchies ne sont le plus souvent que de petits brouillons, de petits fripons, de petits intrigans à qui les petits talens qui sont parvenir dans les cours aux grandes places ne servent qu’à montrer. au public leur ineptie aussi-tôt qu’ils y sont parvenus. Le peuple se trompe bien moins sur ce choix, & un homme d’un vrai mérite est presque aussi rare dans le ministere qu’un sot a la tête d’une république. Aussi quand par quelque heureux hasard un de ces hommes nés pour gouverner prend le timon des affaires dans une monarchie abymée par ces tas de jolis régisseurs, on est tout surpris des ressources qu’il trouve, & cela fait époque dans un pays." Contrat Social L. 3. ch. 6.

Je n’ajouterai rien sur ce dernier article, sa seule lecture vous a tout dit. Tenez, Monsieur, il n’y a dans tout ceci qu’une chose qui m’étonne ; c’est qu’un étranger isole sans parens sans appui, ne tenant à rien sur la terre, & voulant dire toutes ces choses-la, ait cru les pouvoir dire impunément.

Rousseau.

Voila ce, qu’il n’a point cru, je vous assure. Il a du s’attendre aux cruelles vengeances de tous ceux qu’offense la vérité, & il s’y est attendu. Il savoit que les Grands, les Visirs, les Robins, les Financiers, les Médecins, les Prêtres, les Philosophies, &