Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/414

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par quelque fissure. L’immense édifice de ténèbres qu’ils ont élevé autour de lui ne suffit pas pour les rassurer. Tant qu’il vit, un accident imprévu peut lui dévoiler leur mystère & les exposer à se voir confondus. Sa mort même loin de les tranquilliser doit augmenter leurs alarmes. Qui sait s’il n’a point trouve quelque confident discret qui, lorsque l’animosité du public cessera d’être attisée par la présence du condamne, saisira pour se faire écouter le moment ou les yeux commenceront à s’ouvrir ? Qui sait si quelque dépositaire fidelle ne produira pas en tems & lieu de telles preuves de son innocence que le public, force de s’y rendre, sente & déplore sa longue erreur ? Qui sait si dans le nombre infini de leurs complices il ne s’en trouvera pas quelqu’un que le repentir que le remords fasse parler ? On a beau prévoir ou arranger toutes les combinaisons imaginables, on craint toujours qu’il n’en reste quelqu’une qu’on n’a pas prévue, & qui fasse découvrir la vérité quand on y pensera le moins. La prévoyance à beau travailler, la crainte est encore plus active, & les auteurs d’un pareil projet ont sans y penser sacrifie à leur haine le repos du reste de leurs jours.

Si leurs accusations étoient véritables & que J. J. fut tel qu’ils l’ont peint, l’ayant une sois démasque pour l’acquit de leur conscience & dépose leur secret chez ceux qui doivent veiller à l’ordre public, ils se reposeroient sur eux du reste, cesseroient de s’occuper du coupable & ne penseroient plus à lui. Mais l’œil inquiet & vigilant qu’ils ont sans cesse attache sur lui, les émissaires dont ils l’entourent, les mesures qu’ils ne cessent de prendre pour lui fermer toute voie à toute explication,