Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/420

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de la vérité défigurée, ils ne seront point tentes de se rendre encore nécessaires en la découvrant comme ils le sont maintenant pour la cacher, de se donner quelque importance en montrant qu’ils furent admis dans la confidence des Grands & qu’ils savent des anecdotes ignorées du public ? Et pourquoi ne croirois-je pas que le regret d’avoir contribue à noircir un innocent en rendra quelques-uns indiscrets ou véridiques, sur-tout à l’heure ou prêts à forcir de cette vie, ils seront sollicites par leur conscience à ne pas emporter leur coulpe avec eux ? Enfin pourquoi les réflexions que vous & moi saisons aujourd’hui ne viendroient-elles pas alors dans l’esprit de plusieurs personnes, quand elles examineront de sang-froid la conduite qu’on a tenue & la facilite qu’on eut par elle de peindre cet homme comme on a voulu ? On sentira qu’il est beaucoup plus incroyable qu’un pareil homme ait existe réellement, qu’il ne l’est que la crédulité publique enhardissant les imposteurs, les ait portes à le peindre ainsi successivement, & en enchérissant toujours, sans s’appercevoir qu’ils passoient même la mesure du possible. Cette marche, très-naturelle à la passion, est un piége qui la décelé & dont elle se garantit rarement. Celui qui voudroit tenir un registre exact de ce que, selon vos Messieurs, il a fait dit écrit imprime depuis qu’ils se sont empares de sa personne, joint à tout ce qu’il a fait réellement, trouveroit qu’en cent ans il n’auroit pu suffire à tant de choses. Tous les livres qu’on lui attribue tous les propos qu’on lui fait tenir sont aussi concordans & aussi naturels que les faits qu’on lui impute, & tout cela toujours si bien prouve qu’en admettant