Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/427

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Le François.

Bien plus ; ils ont su tourner contre lui jusqu’a son désaveu. En le faisant imprimer eux-mêmes ils en ont tire pour eux un nouvel avantage, en publiant que, voyant ses mauvais principes mis à découvert & consignes dans ses écrits, il tâchoit de se disculper en rendant leur fidélité suspecte. Passant habilement sous silence les falsifications réelles, ils ont fait entendre qu’il accusoit d’être falsifies des passages que tout le monde sait bien ne l’être pas, & fixant toute l’attention du public sur ces passages, ils l’ont ainsi détourne de versifier leurs infidélités. Supposez qu’un homme vous dise : J. J. dit qu’on lui à vole des poires, & il ment ; car il a son compte de pommes ; donc on ne lui a point vole de poires : ils ont exactement raisonne comme cet homme-là, & c’est sur ce raisonnement qu’ils ont persiste sa déclaration. Ils étoient si surs de son peu d’effet qu’en même tems qu’ils la faisoient imprimer, ils imprimoient aussi cette prétendue traduction du Tasse tout exprès pour la lui attribuer, & qu’ils lui ont en effet attribuée, sans la moindre objection de la part du public ; comme si cette maniere d’écrire aride & sautillante, sans liaison sans harmonie & sans grace, étoit en effet la sienne. De sorte que, selon eux, tout en protestant contre tout ce qui paroîtroit désormais sous son nom, ou qui lui seroit attribue, il publioit néanmoins ce barbouillage, non-seulement sans s’en cacher, mais ayant grand’peur de n’en être pas cru l’auteur, comme il paroît par la préface singeresse qu’ils ont mise à la tête du livre.