Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/44

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Rousseau.

Il n’y a plus de question sûr le fait que vous venez d’exposer. À cet égard nous sommes parfaitement d’accord, j’adopté pleinement votre conséquence, mais je la porte plus loin. Vous dites qu’un homme qui ne fait faire ni musique ni vers n’a pas fait le Devin du Village, & cela est incontestable : moi j’ajoute que celui qui se donne faussement pour l’auteur de cet Opéra n’est pas même l’auteur des autres écrits qui portent son nom, & cela n’est gueres moins évident ; car s’il n’a pas fait les paroles du Devin puisqu’il ne fait pas faire des vers, il n’a pas fait non plus l’Allée de Sylvie, qui difficilement en effet peut être l’ouvrage d’un scélérat ; & s’il n’en à pas fait la musique puisqu’il ne sait pas la musique, il n’a pas fait non plus la lettre sûr la Musique Françoise, encore moins le Dictionnaire de Musique qui ne peut être que l’ouvrage d’un homme verse dans cet Art & sachant la composition.

Le François.

Je ne suis pas la-dessus de votre sentiment non plus que le public, & nous avons pour surcroît celui d’un grand Musicien étranger venu depuis peu dans ce pays.

Rousseau.

Et, je vous prie, le connoissez-vous bien ce grand Musicien étranger ? Savez -vous par qui & pour quoi il a été appelle en France, quels motifs l’ont porte tout-d’un-coup a ne faire que de la Musique Françoise, & à venir s’établir à Paris ?