Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/448

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me conduire sans fausseté de maniere à leur donner le moins d’ombrage qu’il sera possible. S’ils ont quelque sujet de me craindre, ils en ont aussi de me ménager, & je me flatte qu’ils me connoissent trop d’honneur pour craindre des trahisons d’un homme qui n’a jamais voulu tremper dans les leurs.

Je ne refuse donc pas de le voir quelquefois avec prudence & précaution : il ne tiendra qu’à lui de connoître que je partage vos sentimens à son égard, & que si je ne puis lui révéler les mysteres de ses ennemis, il verra du moins que force de me taire je ne cherche pas à le tromper. Je concourrai de bon cœur avec vous pour derober à leur vigilance & transmettre à de meilleurs tems les faits qu’on travaille à faire disparoître, & qui fourniront un jour de puissans indices pour parvenir à la connoissance de la vérité. Je sais que ses papiers déposés en divers tems avec plus de confiance que de choix en des mains qu’il crut fidelles, sont tous passes dans celles de ses perfécuteurs, qui n’ont pas manque d’anéantir ceux qui pouvoient ne leur pas convenir & d’accommoder à leur gré les autres ; ce qu’ils ont pu faire à discrétion, ne craignant ni examen ni versification de la part de qui que ce fut, ni surtout de gens intéressés à découvrir & manifester leur fraude. Si depuis lors il lui reste quelques papiers encore, on les guette pour s’en emparer au plus tard à sa mort, & par les mesures prises, il est bien difficile qu’il en échappé aucun aux mains commises pour tout saisir. Le seul moyen qu’il ait de les conserver est de les déposer secrètement, s’il est possible, en des mains vraiment fidelles & sures. Je m’offre à partager