Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/475

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plaintes, sans me permettre même de parler ; *

[* De bonnes raisons doivent toujours être acceptées sur-tout de la part d’un accuse qui se défend ou d’un opprime qui se plaint ; & si je n’ai rien de solide a dite, que ne me laisse-t-on parler en liberté ! C’est le plus sur moyen de décrier tout-a-fait ma cause & de justifier pleinement mes accusateurs. Mais tant qu’on m’empêchera de parler ou qu’on refusera de m’entendre, qui pourra jamais sans témérité prononcer que je n’avois rien a dire ?] j’éleverai au Ciel pour toute défense un cœur sans fraude & des mains pures de tout mal, lui demandant, non, peuple cruel, qu’il me venge & vous punisse, (ah qu’il éloigne de vous tout malheur & toute erreur ! ) mais qu’il ouvre bientôt a ma vieillesse un meilleur asyle ou vos outrages ne m’atteignent plus.

P. S. François, on vous tient dans un délire qui ne cessera pas de mon vivant. Mais quand je n’y serai plus, que, l’accès sera passe, & que votre animosité cessant d’être attisée, laissera l’équité naturelle parler a vos cœurs, vous regarderez mieux, je l’espere, a tous les faits, dits, écrits que l’on m’attribue en se cachant de moi très-soigneusement, a tout ce qu’on vous fait croire de mon caractere, a tout ce qu’on vous fait faire par bonté pour moi. Vous serez alors bien surpris ! &, moins contens de vous que vous ne l’êtes, vous trouverez, j’ose vous le prédire, ha lecture de ce billet plus intéressante qu’elle ne peut