Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/68

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Rousseau.

En ce cas il étoit fort inutile de l’y mettre : car encore un coup, s’il faut chercher ce venin pour le sentir, il n’y est que pour ceux qui l’y cherchent ou plutôt qui l’y mettent. Pour moi, par exemple qui ne me suis point avise d’y cri chercher, je puis bien jurer n’y en avoir point trouvé.

Le Françoise.

Eh qu’importe, s’il fait son effet sans être apperçu ? Effet ou d’un tel passage en particulier, mais de la lecture entiere du livre. Qu’avez -vous à dire à cela ?

Rousseau.

Rien, sinon qu’ayant lu plusieurs fois en entier les écrits : que J. J. s’attribue, l’effet total qu’il en a résulte dans mon ame à toujours été de me rendre plus humain plus juste, meilleur que je n’étois auparavant ; jamais je ne me suis occupe de ces livres sans profit pour la vertu.

Le François.

Oh je vous certifie que ce n’est pas la l’effet que leur lecture à produit sûr nos Messieurs.

Rousseau.

Ah, je le crois ! mais ce n’est pas la faute, des livres : car pour moi plus j’y ai livre mon cœur, moins j’y ai senti ce qu’ils y trouvent de pernicieux ; & je suis sûr que cet effet qu’ils ont produit sûr moi sera le même sûr tout honnête homme qui les lira avec la même impartialité.