Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/72

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ses livres, & s’ils peuvent être l’ouvrage d’un scélérat qui couvoit de mauvais desseins.

Le François.

Si je fais pour vous cet effort, n’espérez pas du que ce soit gratuitement. Pour m’engager à lire ces livres malgré ma répugnance, il faut malgré la votre engager vous-même à voir l’Auteur, ou selon vous celui qui se donne pour tel, à l’examiner avec soin, & à démêler à travers, son hypocrisie le fourbe adroit qu’elle a masque long-tems.

Rousseau.

Que m’osez-vous proposer ? Moi que j’aille chercher un pareil homme ! que je le voye ! que je le hante ! Moi m’indigne de respirer l’air qu’il respire, moi qui voudrois mettre le diamètre de la terre entre lui & moi & m’en trouverois trop près encore ! Rousseau vous a-t-il donc paru facile en liaisons au point d’aller chercher la fréquentation des mechans ? Si jamais j’avois le malheur de trouver celui-ci sûr mes pas, le ne m’en consolerois qu’en le chargeant des noms qu’il mérite, en confondant sa morgue hypocrite par les plus cruels reproches, en l’accablant de l’affreuse liste de ses forfaits.

Le François.

Que dites-vous la ! Que vous m’effrayez ! Avez-vous oublie l’engagement sacré que vous avez pris de garder avec lui le plus profond silence & de ne lui jamais laisser connoître