Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/93

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Temple & du Palais-royal lui refuseront avec mépris leurs services. Entre-t-il aux Tuileries ou au Luxembourg ? Ceux qui distribuent des billets imprimés à la porte ont ordre de le passer avec la plus outrageante affectation, & même de lui en refuser net, s’il se présente pour en avoir, & tout cela, non pour l’importance de la chose, mais pour le faire remarquer connoitre & abhorrer de plus en plus.

Une de leurs plus jolies inventions est le parti qu’ils ont su tirer pour leur objet de l’usage annuel de brûler en cérémonie un suisse de pallie dans la rue aux Ours. Cette fête populaire paroissioit si barbare & si ridicule en ce siecle philosophe que, déjà négligée, on alloit la supprimer tout-a-sait, si nos Messieurs ne se sussent avises de la renouveller bien précieusement pour J. J. à cet effet, ils ont sait donner sa figure & son vêtement à l’homme de paille, ils lui ont arme la main d’un couteau bien luisant, & en le faisant promener en pompe dans les rues de Paris, ils ont eu soin qu’on le met en station directement sous les fenêtres de J. J. tournant & retournant la figure de tous cotes pour la bien montrer au Peuple, à qui cependant de charitables interprètes sont faire l’application qu’on désire, & l’excitent à brûler J. J. en effigie, en attendant mieux. *

[*II y auroit, à me brûler en personne, deux grands inconvéniens qui peuvent forcer ces messieurs à se priver de ce plaisir. Le premier est qu’étant une fois mort & brûle, je ne serois plus en leur pouvoir, & ils perdroient le plaisir plus grand de me tourmenter vif. Le second, bien plus grave, est qu’avant de me brûler il faudroit enfin m’entendre, au moins pour la forme, & je doute que malgré vingt ans de précautions & de trames, ils osent encore courir le risque.] Enfin l’un de nos Messieurs