Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/94

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m’a même assure avoir eu le sensible plaisir de voir des mendians lui rejetter au nez son aumône & vous comprenez bien.....

Rousseau.

Qu’ils n’y ont rien perdu. Ah quelle douceur d’ame ! quelle charité ! le zele de vos Messieurs n’oublie rien.

Le François.

Outre toutes ces précautions on a mis en œuvre un moyen très-ingénieux pour découvrir s’il lui reste par malheur quelque personne de confiance qui n’ait pas encore les instructions & les sentimens nécessaires pour suivre à son égard le plan généralement admis. On lui fait écrire par des gens qui, se feignant dans la détresse implorent son secours ou ses conseils pour s’en tirer. Il cause avec eux, il les console, il les recommande aux personnes sûr lesquelles il compte. De maniere on parvient à les connoitre, & de-la facilement à les convertir. Vous ne sauriez croire combien par cette manœuvre on a découvert de gens qui l’estimoient encore & qu’il continuoit de tromper. Connus de nos Messieurs, ils sont bientôt détachés de lui, & l’on parvient par un art tout particulier mais infaillible à le leur rendre aussi odieux qu’il leur fut cher auparavant. Mais soit qu’il pénétré enfin ce manège, soit qu’en effet il ne lui reste plus personne, ces tentatives sont sans succès depuis quelque tems. Il refuse constamment de s’employer pour les gens qu’il ne connaît pas & même de leur répondre, & cela va toujours aux fins qu’on se propose en le faisant passer pour un homme insensible &