Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/97

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l’entoure de veiller particulièrement à ce qu’il peut écrire. On a même tache de lui en ôter les moyens, & l’on étoit parvenu dans la retraite ou on l’avoir attire en Dauphine à écartez de lui toute encre lisible, en sorte qu’il ne pût trouver sous ce nom que de l’eau légèrement teinte, qui même en peu de tems perdoit toute sa couleur. Malgré toutes ces précautions le drôle est encore parvenu à écrire ses mémoires qu’il appelle ses confessions & que nous appellons les mensonges avec de l’encre de la Chine, à laquelle on n’avoit pas songe : mais si l’on ne peut l’empêcher de barbouiller du papier à son aise, on l’empêche au moins de faire circuler son venin : car aucun chiffon, ni petit ni grand, pas un billet de deux lignes ne peut sortir de ses mains sans tomber à l’instant même dans celles des gens établis pour tout recueillir. à l’égard de ses discours, rien n’en est perdu. Le premier soin de ceux qui l’entourent est de s’attacher à le faire jaser ; ce qui n’est pas difficile, ni même de lui faire dire a-peu-près ce qu’on veut ou du moins comme on le vent pour en tirer avantage, tantôt en lui débitant de fausses nouvelles, tantôt en l’animant par d’adroites contradictions, & tantôt au contraire en paroissant acquiescer à tout ce qu’il dit. C’est alors sûr-tout qu’on tient un registre exact