Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/160

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inséparables, & il n’est pas difficile de bien dire à qui pense bien ; mais comme on n’agit pas sans penser, sans réfléchir, l’art de bien penser doit précéder celui de bien faire. Celui qui aspire donc à bien faire, doit, pour être plus sur du succès, avoir les lumieres & la sagesse de son côté, ce que la culture des Sciences, de la Philosophie peut seule lui donner. "Si vous voulez, dit Cicéron, vous former des regles d’une vertu solide ; c’est de l’étude de la philosophie que vous devez les attendre, ou il n’y a point d’art capable de vous les procurer. Or ce seroit une erreur capitale, & un manque de réflexion, de dire qu’il n’y a point d’art pour acquérir les talens les plus sublimes, les plus essentiels, pendant qu’il y en a pour les plus subalternes. Si donc il y a quelque science qui enseigne la vertu, où la chercherez-vous, sinon dans la Philosophie ?"

Sive ratio constantiae, virtutisque ducitur : aut haec ars est (Philosophia) aut nulla ominô, per quam eas assequamur. Nullam dicere rnaximarum rerum artem esse, cùm minimarum sine arte nulla sit ; hominum est parùm consideraté loquentium, atque in maximis rebus errantium. Si quidem est aliqua disciplina virtutis, ubi ea quoeretur, cùm ab hoc discendi genere discesseris. Cicero de Offic. l. 11. p. 10. de l’Edit, de Glasgow.