Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/199

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commis tous les forfaits dont elle vient de m’accuser ; & j’ajoute l’impénitence au crime ; je l’ai fait, j’ai cru devoir le faire, & le ferois encore si j’avois à recommencer. Qu’elle ne me reproche donc plus, par une contradiction manifeste, que rien ne m’obligeoit à me masquer ; car ces motifs me paroissent aussi pressans que justes. Oui, j’ai cru devoir intéresser le public à la gloire, à l’honneur, aux progrès des Beaux-Arts, l’ornement & le soutien des états, & l’appanage le plus flatteur & le plus brillant que l’homme ait reçu de son Auteur. J’ai cru que je devois laisser entrevoir au public qu’il y avoit au moins quelqu’un dans une Société qui fait profession de cultiver les Sciences & les Arts, qui étoit conséquent dans sa conduite, & qui pensoit que ces Sciences & ces Arts ne sont pas des corrupteurs des bonnes mœurs, & en cela même j’ai cru faire honneur à Messieurs de Dijon, j’ai cru diminuer un peu dans le public l’idée désavantageuse qu’en a donne le problême singulier proposé par cette Académie, & le triomphe encore plus singulier décerné au Citoyen de Geneve. Il étoit permis à M. Rousseau d’user de la liberté des problèmes, puisqu’on avoir tu l’imprudence d’en proposer un de cette espece ; mais il étoit contre la sagesse qu’on doit attendre d’une société de gens de Lettres, de mettre en problême une question dont l’affirmative a toujours passé pour constante, & qui doit sur tout faire loi dans une Académie, comme le prouve bien ce sujet proposé encore tout récemment par l’Académie Françoise. L’amour des Belles-Lettres inspire l’amour de la vertu. S’il est scandaleux qu’une Académie rende cette question problématique, de quelle dénomination caractériserons-nous sa