Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/281

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XXV. Mais en duel tems l’éducation doit-elle commencer ? Dès les premiers rayons de l’intelligence : & ces rayons sont quelquefois prématurés. Formez l’enfant à l’entrée de sa voie, dit le Sage, dans sa vieillesse même il ne s’en écartera point.*

[*Adolecens juxta viam suam, etiam cum senuerit, non recedet ab eâ. Prov. C. 22. v. 6.] Tel est en effet le cours ordinaire de la vie humaine : au milieu du délire des passions, & dans le sein du libertinage, les principes d’une éducation chrétienne sont une lumiere qui se ranime par intervalle pour découvrir au pécheur toute l’horreur de l’abyme où il est plongé, & lui en montrer les issues. Combien, encore une fois, qui, après les écarts d’une jeunesse licencieuse, sont rentrés, par l’impression de cette lumiere, dans les routes de la sagesse, & ont honoré, par des vertus tardives, mais sinceres, l’humanité, la Patrie & la religion !

XXVI. Il nous reste, en finissant, M. T. C. F., à vous conjurer, par les entrailles de la miséricorde de Dieu, de vous attacher inviolablement à cette religion sainte dans laquelle vous avez eu le bonheur d’être élevés ; de vous soutenir contre le débordement d’une Philosophie insensée, qui ne se propose rien de moins que d’envahir l’héritage de Jésus Christ, de rendre ses promesses vaines, & de le mettre au rang de ces fondateurs de religion, dont la doctrine frivole ou pernicieuse a prouvé l’imposture. La foi n’est méprisée, abandonnée, insultée, que par ceux qui ne la connoissent pas, ou dont elle gêne les désordres. Mais les portes de l’enfer ne