Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/304

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Enfin, comme pour nous faire honneur d’un esprit tout philosophique, on s’efforce d’exténuer notre christianisme par des expressions qui ne vont pas à moins qu’à le rendre tout-à-fait suspect ; comme quand on dit que parmi nous la religion est presque réduite ci l’adoration d’un seul Dieu, du moins chez presque tout ce qui n’est pas peuple, & que le respect pour Jésus-Christ & pour l’Ecriture, sont peut-être la seule chose qui distingue du pur déisme le christianisme de Geneve.

De pareilles imputations sont d’autant plus dangereuse & plus capables de nous faire tort dans toute la Chrétienté, qu’elles se trouvent dans un livré fort répandu, qui d’ailleurs parle favorablement de notre ville, de ses mœurs, de son Gouvernement, & même de son Clergé & de sa constitution ecclésiastique. Il est triste pour nous que le point le plus important soit celui sur lequel on se montre le plus mal informé.

Pour rendre plus de justice à l’intégrité de notre foi, il ne falloit que faire attention aux témoignages publics & authentiques que cette Eglise en a toujours donne, & qu’elle en donne encore chaque jour. Rien de plus connu que notre grand principe & notre profession constante de tenir la doctrine des saints Prophêtes & Apôtres, contenue dans les livres de l’ancien & du nouveau Testament, pour une doctrine divinement inspirée, seule regle infaillible & parfaite de notre foi & de nos mœurs. Cette profession est expressément confirmée par ceux que l’on admet au saint Ministere ; & même par tous les membres de notre Troupeau, quand ils rendent raison de leur foi, comme catéchumenes, à la face de l’église.