Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/37

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& se soient servis des mêmes moyens pour la détruire Ce sont là des faits qui démontrent évidemment l’utilité & la nécessité des Lettres.

Quel tribut d’amour, de respect & de reconnoissance ne devons-nous pas a ceux qui les ont fait naître ! Leurs dépouilles mortelles sont depuis long-tems enfermées dans le tombeau, mais leur esprit vit encore pour nous. Quel est ce vénérable vieillard que j’apperçois à travers les ombres de l’antiquité la plus reculée ? son visage est plus brillant que le soleil. Ô prodige ! Plus il s’éloigné de notre âge, plus il paroît grand & lumineux. Placé sur une montagne élevée il reçoit les hommages de tout l’univers ; d’une main il commande aux flots de la mer ; de l’autre il porte ces tables fameuses, où la loi de Dieu est gravée. Que les partisans de l’ignorance jettent les yeux sur ce redoutable vainqueur, qui apprend aux hommes les merveilles de la création, l’unité de l’Etre suprême, les triomphes de ce Dieu vengeur sur l’impiété, & qu’ils reconnoissent dans sa personne le Prince des Orateurs, des Philosophes & des Poetes. Un peu au-dessous de Moïse j’apperçois d’un côté le Roi Prophête dansant devant l’arche du Seigneur, & suivi d’un peuple innombrable qu’attire la douceur & la sublimité de ces cantiques. De l’autre côté je vois dans des jardins fleuris ce Monarque à qui l’Esprit Saint donna le nom de sage : plongé dans une méditation profonde, il assigne à chaque âge, à chaque condition les devoirs qui les concernent, & ne montre pas moins d’habileté à peindre les hommes, qu’à percer les secrets de la nature. Quelle est cette auguste assemblée qui occupe le vallon ? C’est le chœur des saints