Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/385

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CARIME à Alvar.
Obtenez ce bienfait si je plais à vos yeux.


CARIME, ALVAR, DIGIZE.
Excusez deux époux, deux amans trop sensibles,
Tout leur crime est dans leur amour.
Ah ! si vous aimiez un jour,
Voudriez -vous, à votre tour,
Ne rencontrer que des cœurs inflexibles ?


Carime.


Ne vous rendrez -vous point ?


Colomb.


Allez, je suis vaincu.
Cacique malheureux, remonte sur ton trône.
(On lui rend sort épée.)
Reçois mon amitié, c’est un bien qui t’est dû.
Je songe, quand je te pardonne,
Moins à leurs pleurs qu’à ta vertu.
(A Carime.)
Pour ces tristes climats la vôtre n’est pas née.
Sensible aux feux d’Alvar, daignez les couronner.
Venez montrer l’exemple à l’Espagne étonnée,
Quand on pourroit punir, de savoir pardonner.


Le Cacique.


C’est toi qui viens de le donner ;
Tu me rends Digizé, tu m’as vaincu par elle.