Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/41

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


maux auxquels votre sagesse auroit été obligée de remédier ; & vous prépare déjà des coopérateurs empressés de suivre vos traces. Lorsque Charlemagne eût formé votre auguste Compagnie, cet habile Monarque vit bientôt qu’il n’étoit pas moins nécessaire d’établir une société de Savans, qui fût comme une pépiniere de l’Etat, où la jeunesse la plus distinguée, honorée de votre protection apprît à devenir un jour digne de vous succéder. Associée à votre gloire dès sa naissance, jugez, Messieurs, de la joie de l’Université, lorsqu’elle peut jouir de la présence de tant de grands hommes, qui furent autrefois élevés dans son sein, & qui sont maintenant son plus ferme rempart & ses plus zélés Panégyristes. Sa reconnoissance redouble aujourd’hui qu’il s’agit de l’honneur des Lettres : votre absence les auroit privées de l’un des plus surs & des plus glorieux moyens qu’elles puissent employer pour la défense de leur cause.

Mais si les Rois & les Législateurs ont cru s’illustrer en favorisant les Lettres, & s’ils en ont tiré de puissans secours ; pourquoi sont-elles maintenant traitées d’infâmes séductrices, & exposées à la critique la plus amere ? N’est-ce pas attenter au bien de la société, que de vouloir par d’odieuses imputations détourner les honnêtes gens de l’étude, tandis que les hommes les plus sages, ont regardé les Lettres comme la plus courte & presque la seule voie qui conduite à la vertu ? Nos adversaires rougissent peut-être de se voir en opposition avec de si respectables autorités : ils avouent qu’ils ont excédé en traitant les Lettres avec si peu de ménagement, mais ils n’en veulent, disent-ils, qu’à l’abus énorme qu’on en fait. C’est