Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/410

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hauts faits de tes
magnanimes Aïeux que leur vertu a consacrés ; car tu cours à la gloire par le même chemin
qu’ils ont pris pour y parvenir.


Soit que tu remportes de la guerre les plus glorieux trophées, & qu’en paix tu cultives les
Beaux-Arts, mille monumens illustres témoignent la grandeur de ton regne.


Mais redoublez vos chants d’allégresse ; je vois arriver cette reine divine que le ciel accorde
à nos vœux : elle vient ; c’est elle qui a ramené de doux loisirs parmi les peuples. A son
abord l’hiver suit, toutes les routes se parent d’une herbe tendre ; les champs brillent de
verdure, & se couvrent de fleurs. Aussi-tôt les maîtres & les serviteurs quittent leur
labourage & accourent pleins de joie. Royale épouse, les cœurs volent de toutes parts au -
devant de vous.


Voyez comment, au milieu des torrents d’une flamme bruyante, le feu prend toutes sortes
de figures. Voyez fuir la nuit ; voyez cette pluie d’Astrée qui semble se détacher du ciel.


Le bruit se fait entendre dans les montagnes, & passe bien loin au-dessus de leurs cimes
massives, les sapins d’alentour étonnés en frémissent, & les échos des Alpes en redoublent
le retentissement.


Vivez, bon roi, parcourez la plus longue carriere : vivez de même, digne épouse ; que votre
postérité vive éternellement & donne ses loix à la Savoie.


FIN.