Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/414

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Soit que vers le midi chassé par son ardeur,
Sous un arbre touffu je cherche la fraîcheur ;
Là portant avec moi Montaigne ou La Bruyère,
Je ris tranquillement de l’humaine misère ;
Ou bien avec Socrate et le divin Platon,
Je m’exerce à marcher sur les pas de Caton :
Soit qu’une nuit brillante en étendant ses voiles
Découvre à mes regards la lune et les étoiles,
Alors, suivant de loin La Hire et Cassini,
Je calcule, j’observe, et près de l’infini
Sur ces mondes divers que l’Éther nous recèle
Je pousse, en raisonnant, Huyghens et Fontenelle ;
Soit enfin que surpris d’un orage imprévu,
Je rassure en courant le berger éperdu,
Qu’épouvantent les vents qui sifflent sur sa tête ;
Les tourbillons, l’éclair, la foudre, la tempête ;
Toujours également heureux et satisfait,
Je ne désire point un bonheur plus parfait.