Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/440

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Madame, apprenez la nouvelle
De la mort de quatre rats.
   Mieux que moi savez qu’ici-bas
N’a pas qui veut fortune telle ;
C’est triomphe qu’un pareil cas.
Le fait n’est pas d’une allumelle ;
Ainsi donc avec grand soulas,
Madame, apprenez la nouvelle
De la prise de quatre rats.




VERS


Pour Madame de Fleurieu, qui, m’ayant vu dans une assemblée, sans que j’eusse l’honneur d’être connu d’elle, dit à M. L’Intendant de Lyon que je paroissois avoir de l’esprit, & qu’elle le gageroit sur ma seule physionomie.


Déplacé par le sort, trahi par la tendresse,
Mes maux sont comptés par mes jours.
Imprudent quelquefois, persécuté toujours ;
Souvent le châtiment surpasse la foiblesse.
Ô fortune ! à ton gré comble-moi de rigueurs,
Mon cœur regrette peu tes frivoles grandeurs,
De tes biens inconstans sans peine il te tient quitte ;
Un seul dont je jouis ne dépend point de toi :
La divine Fleurieu m’a jugé du mérite,
Ma gloire est assurée, & c’est assez pour moi.