Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/524

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LETTRE III.

Wooton le 28 Février 1767.

MADAME LA DUCHESSE,

Pardonnez mon importunité : je suis trop touché de la bonté que vous avez eue de me tirer de peine sur la santé de Mylord Maréchal, pour différer à vous en remercier. Je suis peu sensible à mille bons offices où ceux qui veulent me les rendre à toute force consultent plus leur goût que le mien. Mais les soins pareils à celui que vous avez bien voulu prendre en cette occasion, m’affectent véritablement & me trouveront toujours plein de reconnoissance. C’est aussi, Madame la duchesse, un sentiment qui sera joint désormais à tous ceux que vous m’avez inspirés.

Pour dire à présent un petit mot de botanique, voici l’échantillon d’une plante que j’ai trouvée attachée à un rocher, & qui peut-être vous est très-connue, mais que pour moi je ne connoissois point du tout. Par sa figure & par sa fructification elle paroît appartenir aux fougeres, mais par sa substance & par sa nature, elle semble être de la famille des mousses. J’ai de trop mauvais yeux, un trop mauvais microscope & trop peu de savoir pour rien décider là-dessus. Il faut, Madame la duchesse, que vous acceptiez les hommages de mon ignorance & de ma bonne volonté ; c’est tout ce que je puis mettre de ma part dans notre correspondance, après le tribut de mon profond respect.