Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/528

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LETTRE VI

12 Septembre 1767.

Je suis d’autant plus touché, Madame la duchesse, des nouveaux témoignages de bonté dont il vous a plu m’honorer, que j’avois quelque crainte que l’éloignement ne m’eût fait oublier de vous. Je tâcherai de mériter toujours par mes sentimens les mêmes grâces, & les mêmes souvenirs par mon assiduité à vous les rappeller. Je suis comblé de la permission que vous voulez bien m’accorder, & très-fier de l’honneur de vous appartenir en quelque chose. Pour commencer, Madame, à remplir des fonctions que vous me rendez précieuses, je vous envoie ci-joints deux petits échantillons de plantes que j’ai trouvées à mon voisinage, parmi les bruyeres qui bordent un parc, dans un terrain assez humide, où croissent aussi la Camomille odorante, le Sagina procumbens, l’Hieracium umbellatum de Linnaeus, & d’autres plantes que je ne puis vous nommer exactement, n’ayant point encore ici mes livres de botanique, excepté le Flora Britannica qui ne m’a pas quitté un seul moment.

De ces deux plantes l’une, N°. 2, me paroît être une petite Gentiane, appellée dans le Synopsis Centaurium palustre luteum minimum nostras. Flor. Brit. 131.

Pour l’autre N°. 1, je ne saurois dire ce que c’est, à moins que ce ne soit peut-être une Elatine de Linnaeus, appellée par Vaillant Alsinastrum serpyllifolium, &c. La phrase s’y