Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/564

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Si mon papier ne finissoit pas, si la poste n’alloit pas partir, je ne saurois pas finir moi-même. Mon bavardage n’est pas mieux ordonné sur le papier que dans la conversation. Veuillez. supporter l’un comme vous avez supporté l’autre. Vale & me ama.

LETTRE VI.

Paris, le 28 Septembre 1770.

Pauvres aveugles que nous sommes ! &c.

Je ne voulois pas, Monsieur, m’accuser de mes torts qu’après les avoir réparés, mais le mauvais tems qu’il fait & la saison qui se gâte, me punissent d’avoir négligé le jardin du Roi tandis qu’il faisoit beau, & me mettent hors d’état de vous rendre compte quant a présent du Plantago uniflora, & des autres plantes curieuses dont j’aurois pu vous parler, si j’avois su mieux profiter des bontés de M. de Jussieu. Je ne désespere pas pourtant de profiter encore de quelque beau jour d’automne pour faire ce pélérinage & aller recevoir, pour cette année, les adieux de la syngenesie : mais en attendant ce moment, permettez, Monsieur, que je prenne celui-ci pour vous remercier, quoique tard, de la continuation de vos bontés & de vos lettres, qui me seront toujours le plus vrai plaisir, quoique je sois peu exact à y répondre. J’ai encore à