Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/614

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Pour faire la division des degrés, j’inscris un cercle dans un ellipse représentant la figure de la terre. Le petit axe sera l’équateur, & le grand sera l’axe même de la terre ; je divise le cercle en 360 degrés, de sorte que les deux axes passent par 4 de ces divisions : par toutes les autres divisions je mene des rayons que je prolonge jusqu’à la circonférence de l’ellipse. Les arcs de cette courbe, compris entre les extrémités des rayons donneront l’étendue des degrés lesquels seront évidemment inégaux, (une figure rendroit tout ceci plus intelligible, je l’omets pour ne pas effrayer les yeux des Dames qui lisent ce journal), mais dans un sens contraire à ce qui doit être : car les degrés seront plus longs vers les pôles, & plus courts vers l’équateur,comme il est manifeste à quiconque a quelques teintures de géométrie. Cependant il est démontré que si la terre est oblongue, les degrés doivent avoir plus de longueur vers l’équateur que vers les pôles. C’est à vous, Monsieur, à sauver la contradiction.

Quelle est donc l’idée qu’on se doit former des degrés de latitude ? Le terme même d’élévation du pôle vous l’apprend. Des différens degrés de cette élévation tirez de part & d’autre des tangentes à la superficie de la terre ; les intervalles compris entre les points d’attouchement, donneront les degrés de latitude : or il est bien vrai, que si la terre étoit sphérique, tous ces points correspondroient aux divisions qui marqueroient les degrés de la circonférence de la terre, considérée comme circulaire ; mais si elle ne l’est point, ce ne sera plus la même chose. Tout au contraire de votre systême, les pôles étant plus élevés, les degrés y devroient être plus grands, ici la