Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/619

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DIEU a voulu faire : mais Dieu a fait des Orang-outangs & des singes qui ne sont pas hommes.

Quand donc M. Rousseau déclame avec tant de véhémence & d’obstination contre l’état de société, il s’éleve, sans y sa penser, contre la VOLONTÉ de DIEU qui a fait l’homme & qui a ordonné cet état. Les faits sont-ils autre chose que l’expression de sa VOLONTÉ ADORABLE ?

Lorsqu’avec le pinceau d’un le Brun, l’Auteur trace à nos yeux l’effroyable peinture des maux que l’état civil a enfantes, il oublie que la Planete où l’on voit ces choses, fait partie d’un Tout immense que nous ne connoissons point ; mais que savons être l’ouvrage d’une SAGESSE PARFAITE.

Ainsi renonçons pour toujours à la chimérique entreprise de prouver que l’homme seroit mieux s’il étoit autrement : l’abeille qui construit des cellules si régulieres voudra-t-elle juger de la façade du Louvre ? Au nom du bon-sens & de la raison, prenons l’homme tel qu’il est, avec toutes ses dépendances ; laissons aller le monde comme il va, & soyons, sûrs qu’il va aussi-bien qu’il pouvoit aller.

S’il s’agissoit de justifier la Providence aux yeux des hommes, Leibnitz & Pope l’ont fait, & les ouvrages immortels de ces génies sublimes sont des monumens élevés à la gloire de la raison. Le Discours de M. Rousseau est un monument élevé à l’esprit, mais à l’esprit chagrin & mécontent de lui-même & des autres.

Lorsque notre Philosophe voudra consacrer ses lumieres & ses talens à nous découvrir les origines des choses ; à nous montrer les développemens plus ou moins lents des bien &