Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/204

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la monarchie qu’il confond avec le despotisme & la tyrannie, contre l’autorité, la société, l’humanité, toutes choses contre lesquelles il s’escrime, comme on dit, à bras raccourci, & avec d’autant plus de confiance qu’il croit par cette prémunition d’un passage unique sans preuve ni discussions, s’être mis à couvert, contre la société, & l’autorité légitime, qu’il brave en face & sans aucun vrai ménagement. Je suis, Monsieur votre, &c.

LETTRE XXIX.

Ce qu’il y a d’horrible, Monsieur, dans votre façon d systême sans façon, c’est que les peres auroient beau s’assujettir au pere commun de la société, vous combattez pro aris & focis en faveur des enfans rebelles qui naissent, selon vous avec la pleine liberté de réclamer contre une servitude à la quelle leurs peres n’ont pu assujettir qu’eux mêmes. M. R. soutient toutes choses contradictoires. Les enfans, selon lui, ont droit aux biens de leurs peres au préjudice de ceux-ci, mais la servitude des peres envers le chef de la société, du prince du magistrat, du roi, n’est point héréditaire, selon lui.

Voilà l’horreur contradictoire. Que le pere acquiere des biens, il acquiert pour ses enfans, ses héritiers de droit rigoureux. Que le pere se soumette au pere commun, au roi, les enfans ont droit de le révolter. Ils ne sont héritiers que du bien pécuniaire. Ils ne le sont pas de la servitude, car c’est ainsi que cela s’appelle chez le nouveau Lycurgue. Les fils des