Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/225

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c’est au naturalisme purement physique que M. R. rapporte tout, l’humanité même & spécifiquement la naissance de l’homme & de la femme.

A plus forte raison donc en niant le moralisme de la naissance générative des hommes par Locke, M. R. en nie-t-il le théologisme de Moyse, que j’ai rapporté au commencement de tout ceci. Il y a des choses horribles dans tout cet article, qui est long. On y retrouve ces mots affreux. “L’appétit satisfait, l’homme n’a plus besoin de telle femme, ni la femme de tel homme. Celui-ci n’a pas le moindre souci, ni peut-être la moindre idée de son action, l’un s’en va d’un côté, l’autre de’ l’autre, & il n’y a pas d’apparence, qu’au bout de neuf mois ils ayent la mémoire de s’être connus. Car cette mémoire exige plus de progrès ou de corruption dans l’entendement humain, qu’on ne peut lui en supposer dans l’état d’animalité dont il s’agit ici.” Horreur, horreur, des horreurs ! Eh mon Dieu, & mon Dieu ! vous êtes juste, mais je n’invoque ici que votre clémence, votre grande miséricorde pour mon cher ami M. R. votre image, & que vous avez réparée &rachetée de tout le sang de votre Fils unique, homme comme nous, Dieu comme vous.

Car je n’ai pas d’autre réfutation à faire d’un tel morceau, non plus que de celui-ci. “Il n’y a donc dans l’homme aucune raison de rechercher la même femme, ni dans la femme aucune raison de rechercher le même homme. Le raisonnement de Locke tombe donc en ruine, & toute la dialectique de ce philosophe ne l’a pas garanti de la faute que