Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/261

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


les sciences humaines autant que dans les divines. Quand je montre aux jeunes gens quelque point difficile de mathématique, de géométrie même, je n’ai pas trouvé de meilleur façon de me faire entendre des esprits revêches & difficultueux, que de leur dire : Commencez par croire que je sais ce que je vous dis. Je ne veux pas vous tromper, je ne puis pas m’y tromper. C’est ma propre science que je vous donne. Il y a trente ans que je le sais. Tout le monde le pense de même, &c.

Quand j’ai dit cela a des esprits raisonneurs, mais raisonnables, car c’est de la raison cela, aussi-tôt ils me croyent m’entendent tout de suite avec facilité. Il n’y a rien qu’on n’entende dès qu’on a intérêt de le savoir. La foi de l’esprit intéresse le cœur même à en faire l’objet de son intelligence Car on est curieux & on aime à voir clair. Les Samaritains, après avoir vu J. C. disoient à la Samaritaine : nous avons cru d’abord sur votre parole, mais nous croyons désormais pour avoir vu comme vous. Je suis, Monsieur, votre, &c.