Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/308

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le vœu de Rousseau, dans le cœur de leur fils, & puissant aussi s’y joindre toutes celles de l’homme dont ils ont honoré la vie ! Ce bonheur digne d’eux, est le plus grand que mortels puissent éprouver sur la terre.

Je finis, Monsieur, cette lettre par le dernier trait j’ai annoncé plus haut.

On a su que Rousseau, dans le déclin de son âge, & voyant arriver son dernier terme, dont la nature avertit toujours ceux qui ne veulent pas être sourds à sa voix, a terminé sa carriere par un écrit dont, comme il dit fort bien, il n’y a point eu & il n’y aura jamais d’exemple.

Cet écrit, dont la curiosité publique sera toujours avide jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite, contient, à en juger par une belle préface qu’on a déjà fait connoître, les mémoires de la vie de Jean-Jaques ; non ces sortes de mémoires dont on dispose le contenu sur l’intérêt de ses passions ou sur celui de son amour-propre ; mais la confession exacte que Rousseau fait à Dieu même de toute sa vie dans un écrit authentique, scellé de la foi où il a exposé le bien & le mal de toutes ses actions, sans avoir, suivant ses expressions, rien tû, rien dissimulé, rien pallié.

C’est avec ce livre à la main qu’il se transporte aux pieds de l’Eternel au jour du dernier jugement, & que là comparoissant avec tous les humains, il ose, sous les yeux de l’Etre suprême, se donner d’après sa conscience, le témoignage que mal homme, faisant le même aveu, ne pourra dire avoir été meilleur que lui : déclaration bien haute, bien ferme, bien précise, mais qui, de la part d’un homme tel que Rousseau,