Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/334

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garantir. Nous aurions vu Emile & Sophie dans cette heureuse situation, si la mort avoit laissé à J. J : Rousseau, le tems de les y conduire. Cela est vraisemblable du moins ; car ayant cru ce supplément utile, il n’a pu que le suspendre & non pas l’abandonner. Ce sans respect pour la philosophie est une plaisanterie d’un bien mauvais ton ! Mais que M. Geoffroy plaisante tant & si lourdement qu’il voudra, cela ne sera pas qu’un homme galant & presque petit-maître soit un scélerat ; ni qu’une femme à la mode soit un monstre, tels que nous n’en voyons que trop, sortir des colleges & des couvens, où l’éducation est si opposée à l’inutile systême de J. J. Rousseau.

Emile ignore sa disgrace ;

Cela prouve qu’au moins Sophie ne fouloir pas aux pieds les bienséances.

Sophie la lui apprend par un rafinement héroïque de délicatesse.

Très-héroïque assurément. Elle s’est en ce point fort éloignée de la mode ; & son exemple ne sera pas contagieux.

Incertain du parti qu’il doit prendre, il forme une espece de monologue tragique par le style, & comique par le sujet.

Comique par le sujet ! Quoi ! aux yeux de M. Geoffroy l’adultere est un sujet comique !....Thalie se montre plus scrupuleuse.

Si Sophie avoit été trompée par un breuvage comme le prétendent les Editeurs, pour l’honneur de son éducation.

Les Editeurs ne prétendent rien : ils ne disent que ce qu’ils savent ; & ressemblent trop à leur ami, pour chercher à le faire valoir aux dépens de la vérité.