Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/347

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à chercher un asyle en Angleterre, sous les auspices de son ami M. Hume !

L’intrépide M. Walpole, qui, bien sûr que, quoiqu’il fasse, les remords n’approcheront jamais de son cœur, brave, avec la plus généreuse audace, l’opinion que le public prendra de sa conduite envers un infortuné qu’il ne connoît pas, que tous les honnêtes gens réverent, & qui a été recherché de son ami M. Hume !

Enfin l’équitable M. Walpole, qui se vante d’avoir pour Jean-Jaques le plus profond mépris, quoiqu’lil ne le connoisse point, & sans savoir pourquoi ! Car il n’est pas présumable qu’il méprise profondément Jean-Jaques, parce que celui-ci a trouvé sa plaisanterie mauvaise, & s’est formalisé de la foiblesse de son ami M. Hume.

Il seroit original que le clair-voyant M. Walpole eût puisé dans les ouvrages de Jean-Jaques, le profond mépris qu’il a pour sa personne, & qu’en en indiquant la source à toute l’Europe, qui jusqu’à présent ne l’a pas vue, il sauvât Jean-Jaques du reproche d’hypocrisie, dont M. Hume, & ses adhérens s’efforcent de le noircir.

Vous auriez dit, Monsieur, que M. Hume ne raisonne pas avec toute la justesse qu’on attend de lui, quand il met en question page 11 de son Exposé, si l’orgueil extrême de Jean-Jaques est un défaut ; qu’il établit qu’en admettant l’affirmative, pour laquelle il paroît ne pas pencher, ce seroit un défaut respectable ; & qu’il dit huit lignes plus bas, qu’un noble orgueil, quoique porté à l’excès, mériteroit de l’indulgence dans J. J. Rousseau. Donc, selon M. Hume, la même qualité,