Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/36

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degré de toute corruption c’est la barbarie, & elle appartient sans contredit au plus haut degré de l’ignorance : au contraire, la plus parfaite science seroit vraisemblablement la plus parfaite vertu, puisqu’elle seroit le plus haut point des connoissances métaphysiques, morales & politiques : mais si l’on nous conteste cette conjecture, il est du moins bien prouvé que la plus grande perfection de la science ne sauroit jamais conduire à une barbarie telle que nous venons de la décrire, & ce point seul suffit pour prononcer la condamnation absolue de l’ignorance.

En effet, pour en bien juger, il étoit absolument nécessaire de la considérer dans toute sa pureté ; c’est seulement parmi les peuples les plus sauvages qu’on pouvoit parvenir à bien connoître sa nature & ses effets ; son influence devient équivoque & incertaine, si -tôt qu’elle est mêlée avec divers degrés de sciences & d’arts.

L’ignorance & la science ne sont plus alors que des noms relatifs : par exemple, nous traitons Athenes d’ignorante au