Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/363

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plaint de s’être vu détesté ; mais il ne s’y accuse point de se l’être attiré. Ces mots honnêtes gens ne s’y trouvent même pas : la Cour seule y est nommée, & comme elle n’a pas le privilege exclusif de contenir d’honnêtes gens, un homme qui a eu le malheur d’y paroître dans un point de vue désavantageux, peut posséder à juste titre l’estime & l’amitié de beaucoup d’honnêtes gens. Ce qu’il y a de sûr, c’est que si on rassembloit les amis que Jean-Jaques a dans Paris, on en composeroit la meilleure compagnie de cette immense ville. Au reste, Monsieur, il y a ici un compliment à vous faire, votre citation est presque fidelle. Mais à quoi bon cette lueur de sincérité qui va être obscurcie par les ténebres du mensonge ? Croyez-moi, puisque vous voulez faire le procès à Jean-Jaques demeurez constament attaché à l’usage qu’ont adopté ses ennemis ; ne le faites jamais parler comme il parle.

On demande comment il se pourroit faire qu’il fût généralement maudit, détesté, sans avoir fait au moins quelque chose de détestable ?

Personne ne fait une si sotte question. On ne croit point que Jean-Jaques soit généralement détesté ; ainsi on ne peut partir de cette opinion pour croire qu’il ait fait quelque chose de détestable. Mais, s’il étoit généralement détesté pour avoir fait quelque chose de détestable, la chose détestable qui le seroit généralement détester seroit généralement sue ; & il n’y auroit point de question à faire. En vérité, Monsieur, vos raisonnemens sont aussi vicieux que vos motifs.

Si vous voulez bien, je ne répondrai pas à ce que vous dites sur la comédie & l’opéra de Jean-Jaques : cela ne vaut