Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/365

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M.N.N. à Geneve par laquelle il lui mandoit que dans un conversation qu’il disoit avoir eue le 25 août précédent ave M. Rousseau, au sujet de ses ouvrages, & sur-tout de son Emile, cet auteur lui avoit protesté “qu’il n’avoit point eu en vue la religion chrétienne réformée ;” mais qu’il étoit entré dans ton plan trois objets principaux, dont le second étoit (je laisse à part les deux autres) ; “de s’élever non pas précisément directement, mais pourtant assez clairement contre l’ouvrage infernal de l’Esprit, qui, suivant le principe détestable de son auteur, prétend que sentir & juger sont une seule & même chose : ce qui est évidemment établir le matérialisme.”

Où avez-vous pris, Monsieur, que parler à un ecclésiastique avec toute la confiance qu’on présume qu’il mérite, & cela dans une conversation particuliere, sur des principes établis dans un livre, lui dire qu’on a eu intention de les combattre, sans nommer ni le livre, ni l’auteur, c’est faire une déclaration authentique contre ce livre ;. c’est se rendre l’accusateur ton auteur ; c’est rouvrir des plaies qui saignent encore ; c’est devenir coupable d’une basse ingratitude, d’une envie secrete d’une calomnie infâme ? Où avez-vous pris tout cela ? Dans le desir de le faire croire aux autres. Mais ce desir ne vous réussira pas : vos moyens vous éloignent de votre but : ce est pas sur Jean-Jaques que vous dirigez l’indignation des gens de bien, c’est sur vous-même. Je pense allez avantageusement de M. Helvétius, pour croire qu’il rejette avec horreur, l’odieux & inutile appui que vous lui offrez. Cet homme équitable & éclairé, dont l’exemple réfute les écrits, sait que des