Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/366

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opinions insérées dans un livre sont abandonnées à la censuré publique ; & que l’auteur n’a point à se plaindre de celui qui les releve, quand il ne cherche point à empoisonner ses motifs. Tout homme peut errer : c’est de son défenseur, & non pas de ses erreurs que M. Helvétius doit être humilié : la célébrité de sort livre pouvoit les rendre plus dangereuses, que sa retractation ne pouvoir être utile. Cela ne sauroit être contesté. Jean-Jaques a donc bien fait de les combattre ; il ne seroit point blâmable de l’avoir dit à M. de Montmollin ; & M. de Montmollin ne seroit point blâmable non plus de l’avoir répété ; parce qu’on ne peut mal faire en mettant au jour une chose où il n’y a point de mal, que dans des circonstances où ne se trouvoient ni M. Hélvétius, ni Jean-Jaques. Mais, qui vous a dit, Monsieur, que dans le compte que M. de Montmollin rend à son ami de ce qui s’est pas à cet égard, il se sert des mêmes termes dont Jean-Jaques s’est servi ? Pour moi, dans la quantité d’adverbes, & dans l’espece d’adjectifs dont la déclaration qu’il rapporte est surchargée, je ne reconnois point la maniere dont Jean-Jaques s’exprime : si elle contient ses idées, elles y sont revêtues du langage de M. de Montmollin, ce qui doit nécessairement les changer ; sans cependant qu’on puisse taxer ce dernier de mauvaise foi ; parce qu’il est tout simple que la mémoire ne fournisse que la substance d’une conversation qui a été tenue un mois auparavant le moment où on en parle. D’ailleurs Jean-Jaques a donné dans une note qui se trouve à la page 17 des lettres de la Montagne, un témoignage public de son estime pour M. Helvétius, qui le justifie pleinement des mauvaises intentions que vous osez lui imputer. À la vérité,