Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/395

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célebre Rousseau publiées pendant sa vie, ont toujours été reçues avec une sorte d’enthousiasme. Une sorte d’enthousiasme ! certes, c’est rendre une sorte d’hommage bien étrange au discernement du public, & aux talens d’un écrivain, qui joignoit aux graces propres à tous les styles, la profondeur des connoissances, l’élévation des idées, la majesté des images, la richesse des expressions, que de rappeller en ces termes l’accueil inoui, dont le public honora toujours ses ouvrages. Ce n’est pas tour. On y supprime des éloges qui sont dûs au philosophe Genevois, & qui ne sont dûs qu’à lui ; & on lui en adresse qu’il auroit sans doute mérités, s’il eût vécu au commencement du dix-septieme siecle, mais qui me paroissent ne lui pas convenir. En effet, après le degré de perfection, où la poésie & l’éloquence françoises ont été portées depuis cette époque, ne trouvez-vous pas, Monsieur, qu’il est ridicule de dire en parlant de J. J. Rousseau comme s’il eût écrit du tems de Ronsard, la langue Françoise entre ses mains, n’est -elle pas devenue un instrument aussi mélodieux que celle du Tasse, aussi riche que celle de Pope, aussi expressif que celle des orateurs de Rome & d’Athenes ? Quelle sorte de louanges ! Quelle sorte de sentiment peut les inspirer ?"

"Je ne puis, Monsieur, m’empêcher de déplorer la destinée d’un homme à qui ses vertus, & ses talens devoient en procurer une si différente. Je gémis en voyant que la malignité de l’astre qui présida à sa naissance n’a pu être corrigée par sa mort. Depuis que nous l’avons perdu, presque tous ceux qui ont parlé de lui, ont plus ou moins ouvertement