Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/521

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Comparez ces trois passages, Monsieur,, peut-être paviendrez-vous à comprendre.

1°. Que le manuscrit que Jean-Jaques dit être sorti de ses mains en 1750, & n’y être jamais revenu, est celui des différens morceaux destinés à l’Encyclopédie, & non celui du Dictionnaire de musique.

2̊°. Qu’il étoit impossible que Jean-Jaques dît, qu’il avoit perdu de vue en 1750, des choses qu’il n’avoit pas encore faites lorsqu’il se retira à Montmorenci en 1756 ; d’autant plus que, son amour pour la vérité mis à part, il respectoit trop le Public pour lui proposer de dévorer une pareille absurdité.

3°. Qu’il est tout simple que Jean-Jaques ait composé le Dictionnaire qu’il publia en 1764, tant des articles qu’il avoit fournis pour l’Encyclopédie en 1750, & dont il n’avoit jamais revu le manuscrit, que des articles qu’il avoit faits en différens tems depuis cette époque ; & qu’il parle dans ces derniers, des Essais de M. Serre de Geneve, imprimés en 1753 ; du systême de Tartini qui n’a paru qu’en 1754, & qu’il cite des morceaux pris de la premiere & de la seconde édition des Elémens de musique de M. d’Alembert, puisque l’une est de 1752, & l’autre de 1761, tems postérieurs à l’année 1750, citée par Rousseau, mais antérieurs à l’année 1764 où parut son Dictionnaire. Que la conclusion la plus naturelle que l’on puisse tirer de la comparaison des dates que vous rapportez avec une si imprudente affectation, c’est qu’il seroit très-possible que M. d’Alembert eût enrichi ses Elémens de musique qui ne parurent qu’en 1752, de quelques idées prises dans le manuscrit livré par Rousseau, & perdu, pour lui, en 1750.