Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/520

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"Je ne formai pas de moi-même cette entreprise ; elle me fut proposée ; on ajouta que le manuscrit entier de l’Encyclopédie devoit être complet avant qu’il en fût imprimé une seule ligne ; on ne me donna que trois mois pour remplir ma tâche, & trois ans pouvoient me suffire à peine pour lire, extraire, comparer, & compiler les auteurs dont j’avois besoin : mais le zele de l’amitié m’aveugla sur l’impossibilité du succès ; fidele à ma parole ; aux dépends de ma réputation, je fis vîte & mal, ne pouvant bien faire en si peu de tems ; au bout de trois mois, mon manuscrit entier fut écrit, mis au net, & livré, je ne l’ai pas revu depuis.”

Page v. “Désespérant d’être jamais à portée de mieux faire, & voulant quitter pour toujours des idées dont mon esprit s’éloigne de plus en plus, je me suis occupé dans ces montagnes, à rassembler ce que j’avois fait à Paris, & à Montmorenci, & de cet amas indigeste est sorti l’espece de Dictionnaire qu’on voit ici.”

Enfin page ix. “Si l’on a vu, dans d’autres ouvrages quelques articles peu importans qui sont aussi dans celui-ci, ceux qui pourront faire cette remarque voudront bien se rappeller, que, dès l’année 1750, le manuscrit est sorti de mes mains, sans que je sache ce qu’il est devenu depuis ce tems-là. Je n’accuse personne d’avoir pris mes articles ; mais il n’est pas juste que d’autres m’accusent d’avoir pris les leurs.”

"Motiers-Travers le 20 Décembre 1764."