Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/572

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Rien du tout. Le Public jugera, je l’espere, qu’une femme qui reçoit, même de vous, de pareilles qualifications, sans s’en émouvoir, est bien sûre de ne les pas mériter ; & que ce n’est pas l’impuissance de parler qui réduit l’auteur de l’Errata au silence. D’ailleurs, puisque j’établis que ne vous étant pas nommé, vous avez tort de vous plaindre de moi, ne me nommant pas, j’aurois tort de me plaindre de vous ; & avoir tort est un plaisir que je veux pas vous faire. Les combats polémiques, Monsieur, n’ont pas les mêmes regles que le bal de l’opéra. On ne doit rien aux anonymes, par la raison qu’on ne peut déterminer ce qu’on leur devroit s’ils se faisoient connoître ; & qu’il ne seroit pas juste que, tel auteur, qui, s’il se montroit, n’auroit aucun droit aux égards des honnêtes gens, n’eût qu’à se cacher pour y prétendre. Mais, il faut être bien abject pour ne se rien devoir à soi-même ; & vous, M. D. L. B. vous auriez dû (au moins je veux le croire), au lieu de descendre à de si grossieres trivialités, faire insérer dans tous les Journaux, les trois lettres tant de Voltaire, que de Rousseau, dont vous alongez la vôtre ; & dire que, vous croyant dispensé de répondre à l’auteur de l’Errata, & desirant que le Public ne puisse pas douter de la vérité de ce que vous avec avancé, vous déclarez que vous êtes prêt à montrer à quiconque voudra la voir la vie de J. J. Rousseau faite par lui, & écrite de sa main, d’où vous avez tiré les particularités que vous rapportez sur son compte dans l’Essai sur la musique.

Ce moyen de répondre aux deux défis que je vous fais, eut encore été une rodomontade, il est vrai ; mais enfin, sa tournure