Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/578

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


espece. Mais tout brutal qu’il se montre à l’égard de votre sexe, comptez que, s’il n’est pas aveugle,, la plus cruelle vengeance est entre vos mains. Oui, Madame, si un tel homme étoit digne de votre courroux, je vous dirois, cédez à son invitation ;*

[*Cette invitation se trouve comme on le verra dans la lettre de M. D. L. B. à M. l’Abbé Roussier.] montrez-vous à ses yeux parée de tous les dons de la nature ; & que sa confusion devienne son moindre supplice. Mais non, je vous connois trop, Madame, pour, ignorer qu’a l’indignation qu’excitent en vous les outrages faits à la mémoire de vos amis, succede le plus profond mépris, quand ces outrages vous deviennent personnels. Tenons-nous-en donc à ce sentiment comme au seul que nous devions concevoir pour votre antagoniste ; & si dans le Commentaire ci-joint (auquel j’ai cru devoir donner la forme d’une lettre) il m’est arrivé d’aller au-delà, pardonnez-le moi ; & songez combien il est difficile d’allier la modération avec les sentimens que vous inspirez.

J’ai l’honneur d’être avec le dévouement le plus respectueux.

MADAME,

Votre très-humble & très-obéissant serviteur,

DU PEYROU.