Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/595

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Voyez d’un autre côté Rousseau qui affirme que cette dont parle Voltaire, n’étoit point une réponse ; que lui Rousseau est très-sûr de n’y avoir point parlé du château de Tournai, ni employé ces ridicules mots, vous CORROMPEZ MÀ RÉPUBLIQUE. Il va même plus loin, il produit la copie de cette lettre dont se plaint Voltaire. Elle est du 17 juin 1760. Mais comme elle roule essentiellement sur l’impression furtive,

& faite sans son aveu, de celle qu’au 18 août 1756 il avoit adressée à Voltaire à l’occasion des deux Poemes sur la Religion naturelle, & sur le tremblement de terre de Lisbonne, vous me permettrez de ne vous en transcrire ici que le dernier article, seul relatif au fait en question. Permis à M. D. L. B. & Consorts de s’inscrire en faux contre cette copie, mais les défiant de produire un original différent.

“Je ne vous’aime point, Monsieur, vous m’avez fait tous les maux qui pouvoient m’être les plus sensibles, à moi, votre disciple, & votre enthousiaste. Vous avez perdu Geneve pour prix de l’asyle que vous y avez reçu ; vous avez aliéné de moi mes concitoyens pour le prix des applaudissemens que je vous ai prodigués parmi eux ; c’est vous qui me rendez le séjour de mon pays insupportable ; c’est vous qui me serez mourir en terre étrangere, privé de toutes les consolations des mourans, & jette pour tout honneur dans une voirie ; tandis que vivant, ou mort, tous les honneurs qu’un homme peut attendre vous accompagneront dans mon pays. Je vous hais, enfin, vous l’avez voulu ; mais je vous hais en homme encore plus digne de vous aimer si vous l’aviez voulu. De tous les sentimens dont mon cœur étoit pénétré