Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/604

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ces deux copies : mais comme il faut que vous les connoissiez, j’ai tâché de vous les rendre sensibles, en employant des guillemets pour les additions ; des italiques pour les changemens ; avec des renvoiss en notes pour le texte original.

LETTRE de Voltaire à Rousseau d’après l’imprime de M. D. L. B.

J’ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre-humain ; je vous en remercie. Vous plairez aux hommes à qui vous dites leurs vérités, & vous ne les corrigerez pas. On ne peut peindre avec des couleurs plus fortes les horreurs de la société humaine, dont notre ignorance & notre foiblesse se promettent tant de consolations.*

[*Douceurs.] On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes. Il prend envie de marcher à quatre partes quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j’en ai perdu l’habitude, je sens malheureusement qu’il m’est impossible de la reprendre ; je laisse cette allure naturelle à ceux qui en sont plus dignes que vous & moi. Je ne peux non plus m’embarquer pour aller trouver les Sauvages du Canada ; premiérement, parce que les maladies dont je suis accablé me retiennent auprès du plus grand médecin de l’Europe, & que je ne trouverois pas les mêmes ressources chez les Missouris :*

[*Auxquelles je suis condamné me rendent un médecin d’Europe nécessaire.] secondement parce que la guerre est portée dans ce pays-là, & que