Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/603

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petit scrupule, il croit s’appercevoir d’après cette lettre, que non-seulement il a pu dire ce qu’il a dit, (sur le compte Jean-Jaques s’entend), mais qu’il en a infiniment peu dit ; & comme il n’eût pas homme à s’en tenir à si peu, il va y ajouter quelques petites choses, savoir, la maniere basse & respectueuse dont Rousseau avoit écrit à Voltaire, dans le tems où il croyoit avoir besoin de lui, & où il espéroit en ses bontés.*

[*Après avoir, dans l’Essai sur la musique, imputé les plus honteuses bassesses à Rousseau, ce pauvre M. D. L. B. croit bonnement ajouter quelques petites choses à cela, en disant que Rousseau a écrit à Voltaire d’une maniere basse & respectueuse. (Qu’il apprenne en passant M. D. L. B. que les ames basses craignent, & ne respectent point). Il fait bien mieux, il va appuyer ce beau dire sur des lettres de Rousseau, qui expriment la franche admiration que produit dans les ames élevées la supériorité des talens. Sentiment dont Voltaire n’étoit pas capable : témoins ses Commentaires sur Corneille, qu’il affecte de mettre au-dessous de Racine, à qui cependent il est aisé de sentir qu’il se préfére intérieurement. M. D. L. B. s’entend assez mal en additions ; & cela est surprenant : mais ce qui l’est encore davantage, c’est qu’il ne s’entende pas, mieux en bassesses : car enfin on est encore plus près de son caractere que de son état. Note de la grêle machine en décadence. ] Mais pour qu’on ne l’accuse pas lui M. D. L. B. de rien CHANGER OU RETRANCHER, il rapportera la lettre que Voltaire écrivit à Rousseau, en remercîment de ce qu’il lui avoit envoyé son ouvrage de l’inégalité des conditions, & ensuite la réponse de Jean-Jaques.

Pour nous conformer à la marche tracée par M. D. L. B. voyons d’abord cette lettre de remercîment. J’ai, Madame, deux copies à vous offrir ; l’une d’après l’imprimé de M. D. L. B. l’autre d’après l’original de Voltaire. Il ne faut pas que vous vous scandalisiez des différences qui existent entre