Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/610

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


& dès-là auriez-vous craint en produisant cette queue, de faire mentir l’ancien adage À LA QUEUE LE VENIN ? Vous auriez eu grand tort ; car avec votre admirable logique, étayée de votre incomparable bon-sens, il vous étoit aisé de prouver que l’invitation que fait ici Voltaire à Rousseau, de venir pour rétablir sa santé, boire du lait de ses vaches & brouter ses herbes, emporte nécessairement avec elle l’offre de la propriété d’une maison de campagne nommée l’hermitage, où sans doute Voltaire tenoit ses vaches ; puisqu’il est clair comme le jour, que toutes les fois que l’on offre du vin de son crû, on est censé offrir le vignoble qui l’a produit. Enfin, quel parti ne pouviez-vous pas encore tirer du nom de M. Chappuis qui se trouvant dans cette offre, l’identifie avec celle dont Voltaire fit la confidence à David Hume le 14 Octobre 1766 ?

Mais Madame, si M. D L. B. paroît ici ne pas faire valoir tous les avantages que lui fournissoit la lettre de Voltaire, c’est qu’en homme qui ne veut pas manquer son coup, il recule pour mieux sauter : car le voilà, qui, la réponse de Rousseau à la main, va vous prouver la maniere basse & respectueuse dont il écrit à Voltaire. Lisez donc bien attentivement cette réponse qui est du 10 Septembre 1755.

LETTRE de Rousseau à Voltaire.

“C’est à moi, Monsieur, de vous remercier à tous égards

en vous offrant l’ébauche de mes trilles rêveries, je n’ai point cru vous faire un présent digne de vous, mais m’acquitter d’un devoir, & vous rendre un hommage que nous vous devons tous, comme à notre chef. Sensible d’ailleurs à l’honneur que